Syndrome de l’imposteur au travail, comment s’en sortir ?

  • Farah
  • août 21, 2020
  • Pas de commentaire

Travailler dur pour atteindre un objectif au travail, mais considérer que “ce n’est pas grand chose”, “je n’ai pas travaillé si dur”, “j’ai eu de la chance”, “on m’a bien aidé”, ça vous dit quelque chose ? 

Et bien, vous souffrez peut-être du syndrome de l’imposteur au travail. 

Manque de confiance en soi, dévalorisation, impression d’être une arnaque, anxiété et doutes… Lumière sur ce syndrome de l’entrepreneur qui crée des doutes maladifs dans l’esprit de personnes douées.

La découverte de ce syndrome fait suite aux travaux de recherche en 1978 de Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes, deux psychologues Américaines.

Dit aussi syndrome de l’autodidacte, syndrome de l’usurpateur ou complexe d’imposture, il est un des 5 syndromes dont souffrent les entrepreneurs. (Ce sera l’objet du prochain article !)  

Le syndrome de l’imposteur au travail n’est pas du ressort d’une maladie ou d’un trouble psychiatrique, mais plutôt d’un état psychologique très commun

En effet, d’après la revue scientifique du Journal of Behavioral Science, 65% de la population aurait déjà souffert de ce syndrome à un moment dans sa carrière. Et ce, qu’on soit salarié ou entrepreneur. 

Il s’agit d’un mécanisme qui pousse à ne pas se sentir légitime de ses réussites au travail, et qui peut aller jusqu’à une réelle perte de confiance en soi et en ses compétences. 

Bref, c’est l’impression d’être une imposture au travail… Malgré des compétences et réussites bien réelles.

syndrome de l'imposteur au travail

Comment savoir si on souffre de ce syndrome ?

J’ai précisé juste avant que 65% de la population avait déjà souffert de ce syndrome. Je pense que pour les entrepreneurs, on tourne plutôt autour des 150% (à la louche !)

Et avec un peu de recul, je crois que j’en ai souffert pendant bien longtemps.

Mais je vous raconte tout ça juste après. Mais avant, prenons le temps de bien comprendre comment ça fonctionne.

Il y a 3 mécanismes principaux qui mettent en lumière ce syndrome dans la vie de quelqu’un.

L’undercharging, le fait de sous-facturer

On a tendance à dévaluer fortement la qualité de son travail. Facturer un juste prix devient donc mission impossible pour tout entrepreneur qui souffre du syndrome de l’imposteur au travail. 

Il n’y a qu’à aller sur une plateforme de freelances pour voir la différence de tarifs entre consultants et consultantes du même métier et du même nombre d’années d’expérience.

L’overdoing, le fait d’en faire trop

C’est le fait de fournir beaucoup plus de travail que nécessaire à la réalisation d’une tâche. Ainsi, on peut attribuer son succès à la grande quantité de travail fournie et non aux compétences déployées.

Donc inutile de préciser que l’overdoing est source d’épuisement et de burn-out de beaucoup d’entrepreneurs.

burn-out entrepreneur

L’underdoing, l’autosabotage comme excuse

A l’inverse, l’underdoing est un réel plan d’autosabotage mis en place par l’entrepreneur.

En fournissant moins d’effort que nécessaire et mettant tout en place pour échouer, il s’assure d’avoir une bonne raison d’être un “looser”. 

Ainsi, il aura de quoi se conforter dans l’idée qu’il n’est pas capable de faire ce qu’il fait.

Syndrome de l'imposteur au travail : conséquences

Ces mécanismes ont eu plusieurs conséquences sur ma vie. Pour mieux comprendre, je vais vous raconter un peu mon histoire.

Je suis bélier, démarrer des projets n’est donc d’aucune difficulté pour moi. J’ai la capacité de foncer sans réfléchir, et sans cette faculté naturelle, je ne sais pas si j’en serais où j’en suis aujourd’hui.

Par contre, une fois que le projet est lancé, il faut le gérer… Et le faire grandir. Donc vient la période des doutes et de la remise en question.

« T’es sûre que tu peux y arriver ? »

« Tu vises un peu trop haut… Laisse tomber c’est pas pour toi »

“Il y a des gens beaucoup plus doués que toi, tu manques de légitimité à faire ton métier”

Ces pensées vous paraissent familières ? Bienvenue au club !

Pour vous résumer les conséquences que ce syndrome a eu sur moi :

  • J’ai abandonné mon premier projet entrepreneurial à deux doigts du lancement car j’étais persuadée de ne pas avoir les épaules pour le gérer. 
  • Après mon retour du Canada, persuadée de ne pas être capable de retrouver des clients ici, j’ai cherché un CDI (je n’ai pas trouvé et c’est tant mieux !).
  • J’ai accepté de travailler pour moins d’un SMIC horaire pour une cliente pendant presque un an. Un an. C’est le temps qu’il m’a fallu pour dire STOP.
  • Je n’ai pas facturé du temps travaillé supplémentaire car j’estimais que c’était ma faute si je n’avais pas atteint l’objectif plus vite.
  • J’ai (toujours) l’impression que ce que je fais est facile, jusqu’à voir l’émerveillement des clients quand je leur partage mon savoir-faire et l’applique à leur business.

La bonne nouvelle, c’est que ce syndrome n’est pas irréversible. Et qu’il fait en réalité partie intégrante de votre courbe d’apprentissage et de progression.

Wouhouuuuuu !

Syndrome de l’imposteur, comment s’en sortir ?

Souffrir du syndrome de l’imposteur au travail a eu un autre impact plus sérieux sur ma vie.

J’ai souffert de dépression et d’anxiété pendant environ 2 ans. 

Et c’est malheureusement la réalité de beaucoup d’entrepreneurs. Bien que le sujet soit encore un peu tabou.

C’est d’ailleurs suite à cela que j’ai appris à faire la différence entre ma valeur en tant qu’entrepreneure et consultante, et ma valeur en tant que Farah, juste Farah. 

Think With Farah

Je vais vous partager les petites choses que j’ai mises en place et qui m’ont permise très rapidement de corriger ces mécanismes.

  • J’ai pris confiance en moi et me suis inscrite sur une plateforme de freelance. Meilleure décision de ma carrière à ce jour !
  • J’ai multiplié par 5 mon TJM (Taux Journalier Moyen). Oui oui, par 5. Et je l’ai encore augmenté le mois dernier.
  • J’ai donné ma première formation et généré en 2 jours ce que je générais en 1 mois… 6 mois avant. 
  • J’ai parlé franchement de mes peurs à des amis freelances. Ils m’ont été d’une aide précieuse pour briser ces mécanismes. 
  • J’ai revu l’organisation de mon calendrier pour bloquer rigoureusement des journées par client et ne pas dépasser le cadre du projet.
  • J’ai arrêté de négocier mes tarifs afin de n’attirer que des clients qui valorisent mon travail.

Bref, j’ai enfin osé me mettre les yeux en face des trous. Et j’ai accepté la valeur réelle de mon travail. 

Et vous, pensez-vous souffrir du syndrome de l’imposteur ? Racontez-moi votre histoire en commentaire !

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